Ce vendredi s’achève mon stage à l’AFUB, il a duré trois semaines.

J’ai 15 ans et suis lycéen à Vauréal, en classe de seconde. Je voulais découvrir le monde associatif car dans notre société marchande, ça m’a toujours paru étrange qu’existent des organismes sans but lucratif.

Et, là j’ai été « servi » !

Arrivé tous les matins à 9h, après une heure et demi de transport, ils étaient rares les soirs où je ne repartais pas avant 19h !

Pas possible de sortir avant, quand on touche au déroulement de l’actualité, quand on est entouré d’activistes enthousiastes et qui donnent sans compter, quand on constate la multitude de tous ceux qui s’adressent à l’association, un peu comme on se saisit d’une bouée de sauvetage. Et lorsque je quittais, c’était pour moi comme un remord, un étrange sentiment d’abandonner ceux qui continuaient à agir. Pas facile pour moi car c’était la première fois que je ressentais ça.

Dire que j’ai des copains qui se sont ennuyés dans leurs stages, à jouer les vendeurs dans les magasins ou encore à faire des photocopies. Moi, de témoin, je suis immédiatement passé au rôle d’acteur.

S’agissait de remplacer un bénévole absent, ceci pour saisir sur ordinateur des centaines de souscripteurs Doubl’O, impatients, qui attendaient les suites de leur plaintes ! Le logiciel est top, mais faut encore taper au clavier et déchiffrer des adresses parfois illisibles !

Un peu plus tard, me voila chargé des relations fournisseur : 3000 enveloppes en commande, qui n’arrivaient toujours pas… Et la live box qui lâche ! J’ai du passer trois heures au téléphone pour revenir à la normale. Heureusement qu’ils ont un autre fournisseur d’accès avec une autre connexion Adsl de secours. Le tout dans une ambiance de fourmilière, où chacun vient faire sa tache et puis repart : ça donne du rythme, sûr. Moi, j’en ai eu un peu le tournis :

Pas le temps de faire connaissance ou bien de discuter. En permanence, une certaine pression, voire une tension. Comme une fièvre. Sans doute est-ce du à l’action elle même mais ça tient aussi au passage des bénévoles qui se succèdent toute la journée, pour une, deux ou trois heures de travail.

Et puis les juristes, c’est pas des rigolos : à taper sur leurs claviers, entourés de codes et de bouquins, ça donne le ton. Et ça monte d’un cran quand ils tiennent les permanences téléphoniques, à vouloir toujours aller vite pour répondre au plus grand nombre.
Plus humains, ce sont les informaticiens et le statisticien qui n’hésitaient pas à m’expliquer ce qu’ils faisaient et comment ils procédaient. Je n’oublierais pas non plus ce monsieur, comptable de profession qui travaille à coté et vient tous les jours, pendant sa pause déjeuner, pour des contrôles bancaires. Pas plus que cette dame qui s’occupe des bordereaux de chèques et apporte chaque semaine, gâteaux ou chocolats. Fort gentille et pourtant elle était prof de lettre à la fac ! Je n’imaginais pas qu’on pouvait être ainsi.

Et puis il y avait tous les volontaires auxquels j’ai parlé au téléphone et que je ne voyais jamais, notamment Jacques, le webmaster, qui ne m’en a pas trop voulu d’avoir modifié les codes d’accès au site, bien involontairement d’ailleurs. Il est resté très calme, alors que, moi je ne savais plus où me mettre.

Il y a comme un virus à l’AFUB,
celui d’être utile. Et voilà comment j’ai été conduit à créer le blog. J’avais entendu qu’ils regrettaient de ne pas en avoir mais pas facile de répondre à toutes les exigences de l’équipe car s ‘agissait de faire un « vrai » blog professionnel et pas un travail d’amateur. Et maintenant, pourquoi pas préparer un « forum »… heureusement, ce sont les vacances !

En fait, dans ces trois semaines, ce qui m’a le plus choqué, c’est le décalage entre la masse des usagers qui dénoncent l’attitude des banques et le très faible nombre d’entre eux qui proposent un coup de main. Pourquoi c’est rmistes ne donnent-ils pas suite lorsqu’on leur demande de venir coller des timbres plutôt que de payer une cotisation de 10 € … Et les retraités qui pleurent sur leur épargne et ne participe pas !

A ce sujet j’ai souvent entendu Serge Maître se référer à un livre, « les raisins de la colère », d’un auteur U.S. Faudrait que je le lise…

Le 26 juin 2008.